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Ma famille devrait-elle être testée ?
Oui. Les proches du premier degré — parents, frères et sœurs, enfants — doivent être dépistés, car un diagnostic pré-symptomatique permet de commencer le traitement avant que des lésions organiques n'apparaissent.
Lorsqu’une personne dans une famille est diagnostiquée avec la maladie de Wilson, les proches du premier degré présentent un risque non négligeable d’être également porteurs de la maladie. La maladie de Wilson est autosomique récessive, ce qui signifie qu’une personne hérite d’une copie défectueuse du gène ATP7B de chacun de ses parents.1 Ce schéma d’hérédité donne aux frères et sœurs une probabilité d’un sur quatre (25 %) d’avoir la maladie, et aux enfants un risque qui dépend du statut de porteur de l’autre parent.2
Beaucoup de ces proches seront pré-symptomatiques — déjà en train d’accumuler du cuivre, mais sans signe clinique pour l’instant. C’est l’une des rares situations en médecine où un dépistage avant l’apparition des symptômes peut épargner à une personne toute l’évolution de la maladie. L’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD) et l’European Association for the Study of the Liver (EASL) recommandent toutes deux fortement que tous les proches du premier degré d’un patient diagnostiqué soient évalués.34
Qui tester
| Proche | Risque approximatif | Priorité |
|---|---|---|
| Frères et sœurs | 25 % (1 sur 4) | Maximale |
| Enfants | Dépend du statut de porteur du partenaire | Élevée |
| Parents | Presque toujours porteurs sains | Confirmer le statut |
Comment ils sont testés
Deux approches complémentaires sont utilisées ensemble :
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Test génétique — une fois que les mutations spécifiques ATP7B du patient index sont identifiées, les proches peuvent être directement testés pour ces mêmes variants. Cette approche est rapide, définitive, et est devenue la référence moderne pour l’évaluation familiale, les méthodes biochimiques jouant désormais un rôle de confirmation plutôt que de dépistage primaire.35
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Dépistage biochimique — céruloplasmine, cuivre sérique, cuivre urinaire des 24 heures, examen ophtalmologique à la lampe à fente et enzymes hépatiques. Ces examens sont ajoutés lorsque les résultats génétiques ne sont pas disponibles, ambigus, ou pour caractériser l’état hépatique d’un proche dont le test génétique est positif.4
Les résultats génétiques et biochimiques doivent être interprétés ensemble par un clinicien expérimenté dans la maladie de Wilson, car aucun test n’est parfait seul.3
Et si un proche est positif ?
Un proche pré-symptomatique porteur de deux mutations ATP7B doit :
- Être orienté vers un hépatologue familier de la maladie de Wilson
- Débuter un traitement à vie réduisant la charge en cuivre — les sels de zinc sont couramment utilisés dans ce contexte parce que le foie n’a pas encore subi de surcharge en cuivre établie, bien que le choix du médicament soit une décision clinique individuelle6
- Commencer la surveillance standard (enzymes hépatiques, cuivre urinaire, examen à la lampe à fente périodique)
Les patients pré-symptomatiques qui commencent un traitement peuvent espérer une espérance de vie normale ou quasi normale, avec des lésions organiques largement prévenues.7 La détection précoce change véritablement l’évolution de la maladie — et le dépistage familial est la façon dont cette détection précoce se produit.3
Et si un proche est porteur (une seule mutation) ?
Les porteurs — personnes qui ont hérité d’une seule copie anormale d’ATP7B — n’ont pas la maladie de Wilson et n’ont pas besoin de traitement.3 Leur métabolisme hépatique du cuivre est entièrement normal. Ce qui compte, c’est qu’ils connaissent leur statut pour leur planification reproductive future : si les deux membres d’un couple sont porteurs, chaque grossesse a 25 % de chance de donner naissance à un enfant atteint de la maladie de Wilson.2
Conseils pratiques
- Demandez à votre hépatologue un bref résumé écrit de vos mutations et de vos résultats d’examens que les proches pourront apporter à leur propre médecin. De nombreux médecins hors des centres spécialisés ne connaissent pas la maladie de Wilson, et cela évite des semaines de confusion.
- Dans les régions où la maladie de Wilson est rarement vue, apporter une copie des recommandations AASLD 20223 ou des recommandations cliniques EASL4 à partager avec le médecin du proche peut être d’une aide réelle.
- Le test génétique des proches est généralement simple une fois que les mutations du patient index sont confirmées — c’est souvent une seule prise de sang.
Cet article est destiné à l’éducation des patients uniquement et ne remplace pas un avis médical individualisé. Veuillez discuter des décisions de dépistage et de test avec votre propre médecin ou spécialiste.
Références
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Czlonkowska, Anna, Tomasz Litwin, Piotr Dusek, Per Jenner, Luigi Bertini, Karin Bjorn-Johansson, Roser Lorenzana, and Alistair J. Wilson. “Wilson Disease.” Nature Reviews Disease Primers 4, no. 1 (2018): article 22. https://doi.org/10.1038/s41572-018-0024-5 ↩
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Roberts, Eve A., and Michael L. Schilsky. “Diagnosis and Treatment of Wilson Disease: An Update.” Hepatology 47, no. 6 (2008): 2089–2111. https://doi.org/10.1002/hep.22261 ↩↩
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Schilsky, Michael L., Eve A. Roberts, Jeff M. Bronstein, Anil Dhawan, James P. Hamilton, Aftab Rivzi, Valentina Medici, et al. “A Multidisciplinary Approach to the Diagnosis and Management of Wilson Disease: 2022 Practice Guidance on Wilson Disease from the American Association for the Study of Liver Diseases.” Hepatology 82, no. 3 (2022): E41–E90. https://doi.org/10.1002/hep.32801 ↩↩↩↩↩↩
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European Association for the Study of the Liver. “EASL Clinical Practice Guidelines: Wilson’s Disease.” Journal of Hepatology 56, no. 3 (2012): 671–685. https://doi.org/10.1016/j.jhep.2011.11.007 ↩↩↩
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Wallace, Daniel F., and James S. Dooley. “ATP7B Variant Penetrance Explains Differences Between Genetic and Clinical Prevalence Estimates for Wilson Disease.” Human Genetics 139, no. 8 (2020): 1065–1075. https://doi.org/10.1007/s00439-020-02161-3 ↩
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Hou, Haiman, Dingbang Chen, Junxiu Liu, Xiaoni Kong, and Hui Wang. “Zinc Monotherapy for Young Patients with Presymptomatic Wilson Disease: A Single Center, Retrospective Study.” Preprint, Research Square, 2020. https://doi.org/10.21203/rs.3.rs-52498/v1 ↩
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Schilsky, Michael L. “Long-term Outcome for Wilson Disease: 85% Good.” Clinical Gastroenterology and Hepatology 12, no. 4 (2014): 690–691. https://doi.org/10.1016/j.cgh.2013.11.009 ↩
Ceci est de l'information destinée aux patients, pas un conseil médical. Consultez toujours votre propre équipe soignante pour les décisions concernant votre santé.