← Retour à toutes les réponses
La maladie de Wilson non contrôlée pourrait-elle avoir causé une fausse couche — et le traitement aidera-t-il la prochaine fois ?
Oui — la maladie de Wilson non traitée ou mal contrôlée est associée à des taux de fausses couches plus élevés, et les preuves montrent que rester sous traitement anti-cuivre améliore significativement les résultats de grossesse.
Perdre une grossesse est dévastateur, et si vous avez la maladie de Wilson, il est naturel de se demander si les deux sont liés. La réponse honnête est : très probablement, oui. La maladie de Wilson non contrôlée — c’est-à-dire une accumulation de cuivre qui n’a pas été mise sous contrôle — est associée à un taux de fausse couche significativement plus élevé par rapport aux patientes traitées. La bonne nouvelle est que les preuves montrent également que le traitement fait une vraie différence pour votre prochaine grossesse.
Ce que la recherche montre sur la maladie de Wilson et les fausses couches
L’étude la plus informative à ce jour est une large analyse multicentrique de Pfeiffenberger et collègues, publiée dans Hepatology en 2018, qui a suivi 282 grossesses chez 136 femmes atteintes de la maladie de Wilson dans plusieurs centres spécialisés.1 Leur principale constatation sur les fausses couches était frappante :
- Chez les femmes non traitées, le taux de fausse couche spontanée était significativement plus élevé que dans la population générale.
- Chez les femmes traitées — celles qui continuaient le traitement anti-cuivre pendant la grossesse — les résultats étaient substantiellement meilleurs, avec des taux de fausses couches proches de ceux observés dans la population générale.
Une revue de 2024 dans Clinical Liver Disease a confirmé ce tableau : une accumulation continue de cuivre pendant une grossesse non traitée crée un environnement hostile au développement fœtal, tandis que le traitement maintenu semble être à la fois sûr pour le fœtus et protecteur pour la grossesse.2
Pourquoi l’excès de cuivre compte-t-il ici ? Le cuivre est un puissant oxydant à des concentrations élevées. Dans la maladie de Wilson, le foie ne peut pas l’excréter normalement, et le cuivre s’accumule non seulement dans le foie mais finalement dans d’autres tissus.3 Pendant la grossesse, les besoins métaboliques du foie augmentent considérablement. Chez une patiente non traitée, cela peut faire basculer un foie déjà stressé vers un dysfonctionnement accru. Le cuivre circulant élevé peut également affecter directement le placenta et l’embryon en développement, bien que les mécanismes exacts dans la grossesse humaine soient encore à l’étude.1
La maladie de Wilson a-t-elle définitivement causé votre fausse couche ?
Probablement pas de façon isolée, et vous ne devriez pas le présumer sans parler à votre spécialiste. Les fausses couches sont fréquentes — environ 10 à 20 % des grossesses connues se terminent ainsi dans la population générale — et la plupart sont causées par des anomalies chromosomiques dans l’embryon qui n’ont rien à voir avec la maladie de Wilson.4 Votre médecin peut recommander de tester les produits de conception (si disponibles) pour vérifier les causes chromosomiques, et un bilan de fertilité général si vous avez eu deux pertes ou plus.
Ce que la maladie de Wilson peut faire, c’est s’ajouter au risque en plus de tous les autres facteurs qui peuvent être présents. Donc, si votre cuivre n’était pas bien contrôlé, c’est un contributeur plausible — même si ce n’est pas la seule explication.
Une question importante à poser à votre spécialiste : au moment de la grossesse, la maladie de Wilson était-elle sous contrôle ? Si vous aviez déjà atteint un équilibre stable du cuivre sous traitement, c’est une situation différente d’une maladie non traitée ou récemment diagnostiquée. Vos valeurs de cuivre urinaire sur 24 heures et de céruloplasmine au moment de la grossesse (si disponibles) sont les chiffres que votre équipe soignante voudra voir.3
Ce qui change pour votre prochaine grossesse
Si votre maladie de Wilson n’était pas sous contrôle, la seule étape la plus importante est d’atteindre et de maintenir l’équilibre du cuivre avant de concevoir à nouveau. Les directives de l’American Association for the Study of Liver Diseases (AASLD) et de l’European Association for the Study of the Liver (EASL) recommandent fortement que la maladie de Wilson soit bien contrôlée pendant une période — typiquement au minimum 6 à 12 mois — avant une grossesse planifiée, avec la poursuite du traitement tout au long.53
N’arrêtez pas vos médicaments lorsque vous découvrez que vous êtes enceinte. C’est l’un des messages les plus importants de la littérature spécialisée. Le risque d’arrêter brusquement le traitement — qui peut déclencher une insuffisance hépatique aiguë — est bien plus grand que tout risque lié à la poursuite d’une thérapie chélatrice ou au zinc soigneusement surveillée. L’étude Pfeiffenberger a constaté que les femmes qui ont continué le traitement avaient des résultats significativement meilleurs ; celles qui l’ont arrêté avaient de pires résultats.1
Quel médicament est le plus sûr pendant la grossesse ? C’est une conversation détaillée pour votre hépatologue, et la réponse dépend de ce que vous prenez actuellement :
- Le zinc est largement utilisé pendant la grossesse et présente un excellent bilan de sécurité dans la maladie de Wilson.2
- La trientine et la D-pénicillamine sont généralement poursuivies à la dose efficace la plus faible — les arrêter est plus risqué que de les continuer.5
- Des ajustements de dose peuvent être effectués car la grossesse modifie la façon dont l’organisme gère ces médicaments ; votre équipe assurera la surveillance en conséquence.
Voir l’article sur la grossesse pour un aperçu plus complet des décisions médicamenteuses pendant la grossesse. Le présent article se concentre sur la question spécifique des fausses couches et de ce qui vient ensuite.
Surveillance lors d’une prochaine grossesse
Si vous avez eu une perte de grossesse antérieure, votre équipe soignante souhaitera probablement une surveillance plus étroite la prochaine fois. Ce que cela implique généralement :12
- Des tests réguliers de la fonction hépatique — au minimum chaque trimestre, plus souvent si une inquiétude est présente.
- Un cuivre urinaire sur 24 heures au début de chaque trimestre pour suivre l’excrétion du cuivre et l’adéquation du traitement.
- Une coordination entre votre hépatologue (ou spécialiste métabolique) et votre obstétricien dès le début de la grossesse.
- Une discussion avec un spécialiste en médecine maternelle et fœtale si vous avez une maladie hépatique significative ou des antécédents compliqués.
Votre bébé n’a pas besoin d’être dépisté pour la maladie de Wilson à la naissance — les nouveau-nés ne sont pas testés de cette façon. Le dépistage post-partum pour votre enfant peut se faire dans l’enfance ; l’article sur le dépistage familial explique quand et comment cela fonctionne généralement.
Quoi dire à votre médecin
Lors de votre prochain rendez-vous, demandez spécifiquement :
- Mon cuivre était-il bien contrôlé pendant la dernière grossesse ? Que montrent mes analyses de cette période ?
- Quel est mon statut du cuivre maintenant, et à quoi ressemblerait une fenêtre de pré-conception acceptable ?
- Dois-je ajuster mon traitement actuel avant d’essayer à nouveau ?
- Devrais-je voir un spécialiste en médecine maternelle et fœtale avant de concevoir ?
L’article quoi dire à son médecin propose un modèle pour préparer ces conversations.
Un mot d’espoir
Il est utile de savoir que la grande majorité des femmes atteintes de la maladie de Wilson bien traitées ont des grossesses réussies. Dans la cohorte Pfeiffenberger, les patientes traitées avaient des taux de naissances vivantes comparables à ceux de la population générale.1 Une fausse couche est une perte, et elle mérite du temps et du deuil — mais elle ne signifie pas que les futures grossesses sont hors de portée. Avec une préparation et une surveillance appropriées, les preuves sont vraiment encourageantes.
Cet article est une éducation pour les patients, pas un avis médical. La planification de la grossesse avec la maladie de Wilson doit être gérée avec votre hépatologue, votre obstétricien et — lorsque disponible — un spécialiste en médecine maternelle et fœtale. Ne changez ni n’arrêtez aucun médicament sans l’avis d’un spécialiste.
Références
-
Pfeiffenberger, Jan, Sandra Beinhardt, Daniel N. Gotthardt, et al. “Pregnancy in Wilson’s disease: Management and outcome.” Hepatology 67, no. 4 (2018): 1261–1269. https://doi.org/10.1002/hep.29490. ↩↩↩↩↩
-
Weinstein, David, and Dhiren A. Shah. “Wilson disease and pregnancy.” Clinical Liver Disease 23, no. 1 (2024). https://doi.org/10.1097/cld.0000000000000110. ↩↩↩
-
Czlonkowska, Anna, Tomasz Litwin, Piotr Chabik, et al. “Wilson disease.” Nature Reviews Disease Primers 4, no. 1 (2018): article 22. https://doi.org/10.1038/s41572-018-0024-5. ↩↩↩
-
European Association for the Study of the Liver. “EASL Clinical Practice Guidelines: Wilson’s disease.” Journal of Hepatology 56, no. 3 (2012): 671–685. https://doi.org/10.1016/j.jhep.2011.11.007. ↩
-
Schilsky, Michael L., Eve A. Roberts, Jeff M. Bronstein, et al. “A multidisciplinary approach to the diagnosis and management of Wilson disease: 2022 Practice Guidance on Wilson disease from the American Association for the Study of Liver Diseases.” Hepatology 82, no. 3 (2025): E41–E90. https://doi.org/10.1002/hep.32801. ↩↩
-
Reuner, Ulrike, and Juergen Dinger. “Pregnancy and Wilson disease: management and outcome of mother and newborns—experiences of a perinatal centre.” Annals of Translational Medicine 7, suppl. S2 (2019): S56. https://doi.org/10.21037/atm.2019.04.40. ↩
-
Alkhouri, Naim, Regino P. Gonzalez-Peralta, and Valentina Medici. “Wilson disease: a summary of the updated AASLD Practice Guidance.” Hepatology Communications 7, no. 6 (2023). https://doi.org/10.1097/HC9.0000000000000150. ↩
Ceci est de l'information destinée aux patients, pas un conseil médical. Consultez toujours votre propre équipe soignante pour les décisions concernant votre santé.