← Retour à toutes les réponses
Le DPI-M est-il une option réaliste quand les deux partenaires sont porteurs de la maladie de Wilson ?
Le DPI-M est une option éprouvée et de plus en plus accessible pour les couples porteurs, mais il nécessite une FIV et implique des coûts et une charge émotionnelle réels — la conception naturelle avec test postnatal est une alternative valide que beaucoup de couples choisissent.
Lorsque les deux partenaires d’un couple sont porteurs de la maladie de Wilson, il y a une chance sur quatre à chaque grossesse que l’enfant soit atteint de la maladie. Cette probabilité ne change pas en fonction de ce qui s’est passé lors des grossesses précédentes — chaque conception repart à zéro à 25 %. Cette réalité amène de nombreux couples à poser une question très pratique : peut-on utiliser le test d’embryon pour éviter de transmettre la maladie ?
La réponse courte est oui, le diagnostic préimplantatoire pour maladie monogénique (DPI-M) est une option réelle et de plus en plus utilisée pour les maladies autosomiques récessives comme la maladie de Wilson, et il fonctionne pour les couples porteurs.1 Mais c’est vraiment contraignant — physiquement, émotionnellement et souvent financièrement — et concevoir naturellement et tester après la naissance est une alternative légitime que beaucoup de couples choisissent. Cet article présente ce qu’impliquent réellement les deux chemins, pour que vous puissiez avoir une conversation éclairée avec un spécialiste en reproduction.
Ce qu’est réellement le DPI-M
Le DPI-M (diagnostic préimplantatoire pour maladies monogéniques) est un processus de laboratoire réalisé dans le cadre d’un cycle de fécondation in vitro (FIV). Les ovules sont prélevés après stimulation hormonale, fécondés en laboratoire, et les embryons résultants sont cultivés pendant cinq à six jours jusqu’au stade blastocyste. À ce stade, un petit nombre de cellules (généralement cinq à huit) est prélevé par biopsie sur chaque embryon sans le détruire, et ces cellules sont analysées pour la variante génétique spécifique testée.2
Pour la maladie de Wilson, le laboratoire doit connaître les variantes spécifiques d’ATP7B portées par les deux partenaires. Parce que la maladie de Wilson compte plus de 900 mutations connues et que la mutation pertinente varie d’une famille à l’autre, le laboratoire passe généralement plusieurs semaines avant le cycle de FIV à concevoir un test personnalisé — appelé « sonde » — adapté aux mutations spécifiques de votre famille.1 Cette phase de conception fait partie de ce qui rend le DPI-M plus chronophage que certains couples ne s’y attendent.
Les embryons ne portant pas deux copies défectueuses — c’est-à-dire ceux qui sont soit non affectés, soit porteurs comme vous — sont considérés comme aptes au transfert. Les embryons portant deux copies défectueuses (qui développeraient la maladie de Wilson) ne sont pas transférés.
Le tableau réaliste d’un cycle de FIV/DPI-M
Le DPI-M nécessite une FIV, ce qui implique des injections hormonales, un prélèvement d’ovules sous sédation et une culture embryonnaire en laboratoire. Le processus prend des semaines par cycle, et tous les cycles ne produisent pas des embryons transférables — le nombre d’embryons, les taux de fécondation et les résultats de biopsie créent tous de l’incertitude.
Quelques réalités honnêtes pour les couples porteurs :
- Tous les embryons ne seront pas non affectés : statistiquement, 25 % des embryons auront la maladie de Wilson, 50 % seront porteurs (ce qui est acceptable) et 25 % seront complètement non affectés. En pratique, avec un petit nombre d’embryons, vous pouvez vous retrouver avec zéro embryon transférable dans un cycle donné simplement par hasard.
- Les taux de succès dépendent de l’âge : les taux de naissances vivantes par transfert d’embryon dans les cycles de FIV varient significativement selon l’âge de la mère. Pour les femmes au milieu et début de la vingtaine ou trentaine, les taux de succès par transfert sont généralement plus élevés que pour les femmes à la fin de la trentaine ou quarantaine.3
- Plusieurs cycles sont souvent nécessaires : les familles qui poursuivent le DPI-M ont souvent besoin de plus d’un cycle de FIV pour obtenir une grossesse, ce qui multiplie à la fois les exigences physiques et le coût.
- Le processus prend des mois : entre la phase de conception, la stimulation hormonale, le prélèvement, la biopsie, l’analyse génétique, puis le cycle de transfert d’embryon (qui peut être un cycle de transfert congelé distinct), six à douze mois de la consultation à la grossesse est courant.2
À quoi ressemble la conception naturelle avec test postnatal
L’alternative — concevoir naturellement et tester le bébé après la naissance — est également un choix légitime et courant. La réalité statistique est que 75 % des grossesses conçues naturellement dans un couple porteur-porteur donneront naissance à un enfant non affecté ou porteur. La préoccupation est le 25 % qui aura la maladie de Wilson.
La maladie de Wilson est une condition traitable. Les enfants diagnostiqués tôt — avant qu’une lésion organique significative ne survienne — se portent très bien sous traitement par chélation ou zinc.4 La maladie n’est pas immédiatement mortelle dès la naissance, et les nouveau-nés ne présentent généralement pas de symptômes avant des années. Cela signifie qu’il existe une fenêtre significative pour un diagnostic précoce et un traitement.
Les options de test postnatal comprennent :
- Test génétique du nouveau-né : si les mutations des deux parents sont connues (ce qui serait le cas si vous avez déjà effectué un bilan génétique), votre conseiller en génétique peut organiser un test à partir d’un échantillon de sang du nouveau-né. C’est simple, rapide et peu coûteux par rapport à la FIV.
- Analyses de dépistage : la céruloplasmine et les tests de fonction hépatique peuvent également être vérifiés en bas âge, bien qu’ils ne soient pas aussi définitifs que le test génétique et puissent être normaux même chez les enfants affectés dans les premières années de vie.
De nombreuses familles dans cette situation choisissent la conception naturelle pour leur première grossesse, sachant que si l’enfant est diagnostiqué avec la maladie de Wilson, le traitement est disponible et le pronostic avec une bonne prise en charge est positif. Consultez nos articles généraux sur la maladie de Wilson et le dépistage familial pour en savoir plus sur ce à quoi ressemble cette prise en charge.
Le test prénatal pendant la grossesse — une option intermédiaire
Une troisième voie existe : concevoir naturellement, puis tester le fœtus pendant la grossesse par biopsie des villosités choriales (BVC) vers dix à treize semaines, ou amniocentèse vers quinze à vingt semaines. Les deux procédures comportent un faible risque procédural de fausse couche — c’est une considération réelle à discuter avec votre obstétricien et votre conseiller en génétique.
Si le test prénatal montre que le fœtus a la maladie de Wilson, les familles font face à une décision quant à la poursuite ou non de la grossesse. C’est profondément personnel et dépend des valeurs, des croyances et des circonstances. Certaines familles trouvent utile d’avoir cette information pour se préparer à un traitement précoce ; d’autres préfèrent ne pas tester pendant la grossesse. Aucune de ces options n’est objectivement juste ou fausse.
Quelle voie convient à votre situation ?
Il n’y a pas de réponse universelle, et votre conseiller en génétique et votre spécialiste en reproduction sont les bonnes personnes pour vous aider à travailler sur les spécificités. Les facteurs qui orientent souvent la décision :
| Facteur | Tend vers le DPI-M | Tend vers conception naturelle + test postnatal |
|---|---|---|
| Âge | Moins de 35 ans (meilleurs résultats FIV) | Tout âge |
| Sévérité des antécédents familiaux | Présentation neurologique sévère dans la famille | Maladie hépatique, bien contrôlée |
| Attitude émotionnelle vis-à-vis du diagnostic chez l’enfant | Forte préférence pour éviter | À l’aise avec diagnostic précoce et traitement |
| Couverture financière | L’assurance couvre la FIV/DPI | Aucune couverture ; coût significatif à la charge du patient |
| Fertilité | Aucun problème de fertilité connu | Aucun problème de fertilité connu |
| Temps | Peut investir 1 an ou plus | Souhaite concevoir prochainement |
Trouver un centre proposant le DPI-M pour la maladie de Wilson
Le DPI-M pour la maladie de Wilson nécessite une clinique de fertilité disposant d’un laboratoire de génétique interne ou partenaire expérimenté dans les tests de maladies monogéniques. Toutes les cliniques de FIV n’offrent pas ce service. En Amérique du Nord et en Europe, des centres spécialisés existent — votre spécialiste de la maladie de Wilson ou un conseiller en génétique peut vous aider pour les orientations. Le processus commence toujours par une consultation de conseil génétique pour confirmer vos mutations spécifiques et évaluer la faisabilité avant le début du travail de conception en laboratoire.1
Cet article est une information destinée aux patients, et non un avis médical. Les décisions concernant la planification familiale avec la maladie de Wilson impliquent des facteurs médicaux, génétiques, émotionnels et personnels spécifiques à chaque couple. Consultez un conseiller en génétique et un spécialiste en reproduction avant de prendre toute décision de planification familiale.
Références
-
Czlonkowska, Anna, et al. “Wilson disease.” Nature Reviews Disease Primers 4, no. 1 (2018): article 22. https://doi.org/10.1038/s41572-018-0024-5. ↩↩↩
-
Doroftei, Bogdan, Loredana Nemtanu, Ovidiu-Dumitru Ilie, and Gabriela Simionescu. “In Vitro Fertilisation (IVF) Associated with Preimplantation Genetic Testing for Monogenic Diseases (PGT-M) in a Romanian Carrier Couple for Congenital Disorder of Glycosylation Type Ia (CDG-Ia): A Case Report.” Genes 11, no. 6 (2020): 697. https://doi.org/10.3390/genes11060697. ↩↩
-
Lindberg, Juliana, Nirali Shah Jain, Andria G. Besser, and Jennifer K. Blakemore. “Expanding Use of Preimplantation Genetic Testing for Monogenic Disorders (PGT-M) Among Carrier Couples for Cystic Fibrosis (CF).” Fertility and Sterility 122, no. 4 (2024): e44. https://doi.org/10.1016/j.fertnstert.2024.07.188. ↩
-
Schilsky, Michael L., Eve A. Roberts, Jeff M. Bronstein, and Anil Dhawan. “A multidisciplinary approach to the diagnosis and management of Wilson disease: 2022 Practice Guidance on Wilson disease from the American Association for the Study of Liver Diseases.” Hepatology 82, no. 3 (2022): E41–E90. https://doi.org/10.1002/hep.32801. ↩
-
Simpson, J.L., S. Rechitsky, and A. Kuliev. “Impact of Expanded Carrier Screening (ECS) on Uptake of Preimplantation Genetic Testing for Monogenic Disorders (PGT-M).” Reproductive BioMedicine Online 39 (2019): e5–e6. https://doi.org/10.1016/j.rbmo.2019.04.022. ↩
-
European Association for the Study of the Liver. “EASL Clinical Practice Guidelines: Wilson’s disease.” Journal of Hepatology 56, no. 3 (2012): 671–685. https://doi.org/10.1016/j.jhep.2011.11.007. ↩
-
Alkhouri, Naim, Regino P. Gonzalez-Peralta, and Valentina Medici. “Wilson disease: a summary of the updated AASLD Practice Guidance.” Hepatology Communications 7, no. 6 (2023). https://doi.org/10.1097/HC9.0000000000000150. ↩
Ceci est de l'information destinée aux patients, pas un conseil médical. Consultez toujours votre propre équipe soignante pour les décisions concernant votre santé.